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Vendenheim - Mémoires et SouvenirsLe contenu de cette page est basé sur l'ouvrage "Vendenheim - Mémoires et Souvenirs" aux Editions Carré Blanc, disponible en mairie au prix de 37€

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Histoire et patrimoine

Origines de Vendenheim

Posons-nous d’abord la question des origines de notre village. Les fouilles entreprises aux XIXe et XXe siècles - dont celle de 1973 au lieu-dit le Mittelfeld, dans l’actuelle zone commerciale - ont révélé un matériel peu abondant, mais suffisant pour témoigner d’une occupation très ancienne. Parmi ces vestiges, deux haches de l’époque du néolithique (environ le VIe millénaire av. J.C.), quelques morceaux de vases (- 4000 av. J.C. environ) et une sépulture de la même époque. De plus un texte de janvier 1800 conservé aux archives départementales (Série L, procès-verbal du département du Bas-Rhin, an 7) nous révèle la découverte, lors du creusement d’un puits à Vendenheim, d’une immense défense et de quelques morceaux d’os, sans doute le tibia d’un animal gigantesque (éléphant ou mammouth).

Par la suite, nous n’avons aucune trace de Vendenheim à l’époque romaine et tout ce que l’on pourrait en dire relève de l’imagination. Mais il n’est pas inutile de rappeler que cette période, malgré ses aspects parfois dramatiques, demeure l’une des plus brillantes et des plus fécondes pour notre région. Vendenheim a certainement profité dès cette époque de sa situation particulièrement favorable aux confins d’une riche région agricole et en bordure d’une importante voie de communications. Par son territoire, qui est actuellement de 1590 ha, Vendenheim appartient en effet pour un tiers de sa superficie à la bordure du pays agricole du Kochersberg qui doit sa fertilité au loess, terre fine et riche déposée aux époques glaciaires en une épaisse couche sur la basse terrasse du Rhin et des plateaux plus élevés. C’est l’une des régions les plus anciennement cultivées de l’Alsace, déjà riche en blé à l’époque de l’empereur Julien (cf. Ammien Marcellin, historien du IVe siècle). Le reste de la commune s’étend vers l’Est sur les sables apportés des Vosges par la Zorn, occupés par une grande forêt dont il subsiste encore une partie : le Herrenwald. C’est là que passait la grande route romaine menant de Strasbourg à Mayence par Brocomagus (Brumath), capitale de la cité triboque, tribu belliqueuse que les Romains avaient su rallier, en lui accordant un rôle politique majeur. Vendenheim n’a pu échapper à cette double influence, mais nous ignorons dans quelle mesure.

Le fief féodal

Au Moyen Âge, la principale forme d’exploitation est le grand domaine qui appartient à un évêque, à une abbaye ou à un seigneur séculier. Presque tous les domaines sont divisés en manses, c’est-à-dire en ensembles de terres jugées suffisantes pour l’entretien d’une famille. L’Eglise devient très vite un puissant propriétaire car les domaines des évêques et des abbayes s’étendent sans cesse par acquisition, donation ou défrichement. Par ailleurs, l’Eglise ne vend jamais, elle ne cède que l’usage des terres ou des revenus sous forme de fiefs, c’est-à-dire “propriétés qu’on concède” à une autre personne contre certains services, le plus souvent militaires, mais aussi rentes en argent et en nature. Ainsi, comme propriétaires successifs de Vendenheim, on cite :
• l’abbaye d’Eschau près de Strasbourg au XIe siècle;
• en 1116 le chapitre de la cathédrale de Strasbourg, qui forme le conseil de l’évêque et administre les biens ;
• à la même époque, un chevalier du nom de Hugo ou Hugues de Vendenheim qui fait don au couvent de Sindelsberg, près de Marmoutier, de terres qu’il possède à Mommenheim.
Un siècle plus tard, l’empereur Frédéric II confirme par un acte établi à Haguenau le 11 septembre 1219, les biens de l’hôpital de Strasbourg, dont ceux situés à Vendenheim et Berstedten. Vers 1223, Jean, comte d’Alsace, donne en fief des terres, des prés et une forêt à un membre d’une famille noble de Strasbourg, Rodolphe Kagen, pour la somme de 40 marcs d’argent (le marc représentait en gros la valeur d’une demi-livre d’argent).

Au milieu du XIIIe siècle, l’évêque de Strasbourg, Henri de Stahleck, donne en fief quatre terres de Vendenheim à Henri de Marsili, de la noblesse strasbourgeoise, et deux manses et demi au comte Sigebert, Landgrave d’Alsace. Henri de Marsili les obtiendra en sous-fief avec l’accord de l’évêque. Ces documents prouvent bien qu’au milieu du XIIIe siècle, l’évêque de Strasbourg est le principal propriétaire de Vendenheim et qu’il distribue ses terres en fief à des nobles strasbourgeois qui en contrepartie lui doivent le service militaire. Parmi ces nobles il y a les Kagen, les Marsili, les Munhardt et les Haumesser : nous trouvons ces noms parmi les victimes d’une guerre qui oppose l’évêque de Strasbourg à sa ville. En effet, en 1201, l’empereur Philippe de Souabe accorde à la ville les privilèges de ville libre impériale et la libère ainsi de la tutelle temporelle de l’évêque. Mais en 1262, le nouvel évêque, Walther de Geroldseck, veut ramener la ville sous son autorité. Dès son entrée solennelle à Strasbourg, lors de laquelle il se fait accompagner d’une suite aussi brillante que nombreuse. Les abbés de Saint-Gall et de Murbach ne sont-ils pas venus avec respectivement 1 000 et 500 cavaliers ? Il dévoile aux Strasbourgeois sa volonté de s’imposer. Mais les bourgeois opposent un “non” énergique à toutes les mises en demeure de l’évêque et leurs milices détruisent le château de Haldenburg sur les hauteurs entre Mundolsheim et Hausbergen pour empêcher l’évêque de bloquer la route de Brumath. Celui-ci prononce alors l’interdit contre la ville, c’est-à-dire l’interdiction d’organiser le culte. Il la quitte pour rassembler ses 60 vassaux qui doivent lui fournir des troupes. Parmi eux, il y a ceux qui détiennent des fiefs de l’évêque à Vendenheim, à savoir les chevaliers Conrad Kagen, Guillaume Beger, Burckhardt Münhardt et Rodolphe Haumesser.

Lorsque, le 8 mars 1262, les Strasbourgeois sortent une nouvelle fois de la ville pour détruire la tour fortifiée de l’église de Mundolsheim, l’évêque rassemble immédiatement ses troupes, 300 cavaliers et 5000 fantassins. La bataille a lieu sur les collines de Hausbergen. L’évêque qui se bat en brave, après avoir vu deux chevaux tués sous lui, est obligé de s’enfuir sur un troisième, accompagné de deux chevaliers dont Burckhardt Münhardt ; 60 nobles sont tués ce jour-là et 76 autres, dont Guillaume Beger et Rodolphe Haumesser, sont ramenés prisonniers en ville. On ne parle pas des fantassins : le sort des roturiers semble sans importance à cette époque, mais parmi les victimes, on compte certainement des paysans de Vendenheim entraînés là par leurs seigneurs. Mentionnons toutefois que le fait d’avoir été les adversaires de la ville n’empêchera pas les Haumesser de jouer par la suite un rôle assez important à Strasbourg : en 1288 Nicolas, en 1302 Jean et en 1308 Guillaume Haumesser sont conseillers de Strasbourg. Enfin, en 1311, Rodolphe Haumesser de Vendenheim est nommé par Jean de Lichtenberg “Burgmann”, c’est-à-dire châtelain ou commandant du château de Lichtenau en pays de Bade.

En 1328, l’évêque Berthold de Bucheck donne Vendenheim aux seigneurs d’Ettendorf pour 160 marcs et en 1366, l’évêque Jean de Ligny cède le village aux seigneurs d’Ochsenstein pour 600 florins (c’est la première fois que le florin remplace le marc dans un document concernant le village). Pendant tout ce temps, bien d’autres seigneurs possèdent des biens ou revenus à Vendenheim, comme les seigneurs de Hunsbourg dont les droits passent au milieu du XIVe siècle à Henri IV de Lichtenberg, un des principaux vassaux de l’évêque de Strasbourg. Cette dernière famille parvient très habilement à augmenter ses biens et domaines. Un siècle plus tard, l’évêque de Strasbourg, Albert de Bavière, donne à titre viager à son grand chancelier, le maréchal Jacques de Lichtenberg, les revenus suivants : “Kirchensatz, Weidehabern... es sei in Dorf, Häusern, Höfen, Wäldern, Hursten”. Ce sont là des revenus très importants portant sur tout le village, toutes les maisons et fermes, la forêt ou bois composés de broussailles (Hursten). Le Kirchensatz est le droit de nommer le curé et de percevoir une redevance. Cet usage provenait du fait que de nombreuses églises rurales avaient été fondées par des seigneurs. Le Weidehabern ou Weidehafer, c’est-à-dire l’avoine du pâturage, est une redevance due par les habitants de Vendenheim pour l’exercice du droit de pâturage. Mais les Lichtenberg cèdent rapidement le village en sous-fief à d’autres familles ; dès 1456, on trouve parmi celles-ci les Wurmser.


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